dimanche 28 février 2010

Quelques souvenirs des années 2000 (partie 2/4)

(lire la partie 1)

Yeah Yeah Yeahs - Y Control (2003)

Aaaaah les Yeah Yeah Yeahs ! Si vous avez eu le bonheur de les voir en concert, vous n'avez pas pu les oublier ! Le groupe faisait partie de la vague new-yorkaise (Liars, Rapture) qui, dans le sillage des Strokes, avait pris le relais des garageux de Détroit.

Première fille médiatisée de la vague rock 2001-02, Karen O fut rapidement comparée à Debbie Harry (la chanteuse de Blondie ayant été dans une posture similaire en 1976). Comparaison malheureusement digne d'un pigiste de Jeune et Jolie tant les deux dames n'avaient rien à voir.

Outre l'inévitable différence capilaire (la blonde / la brune), la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs est bien plus sauvage, débridée. Presque folle, même.

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Adam Green et Ben Kweller - Kokomo (2003)

Adam Green et Ben Kweller ont au moins deux points communs : des origines juives et un talent d'écriture hors du commun.

Adam Green s'était fait connaître grâce aux géniaux et décousus Moldy Peaches pour lesquels l'expression «Grand n'importe quoi» semble avoir été conçue. Rappelez-vous ces hymnes enfantins et approximatifs décrivant des histoires de rejetés new-yorkais : Adam Green en était l'auteur !

Plus sage, Ben Kweller a bâti sa réputation grâce à des chansons pop parfaitement charpentées dignes d'un Paul McCartney.

La rencontre entre les deux hommes pour une reprise des Beach Boys ne pouvait qu'être fructueuse.

(article Infrasons / site de Green / site de Kweller / acheter Jessica à la Fnac)


Aislers set - Melody not Malaise (2003)

Aislers Set, c'est le secret absolu du début des années 2000 car, oui messieurs-dames, c'était le meilleur groupe du monde ; et personne ne le sait.

Je n'ai presque pas envie d'en parler parce que le groupe mérite un article à part entière. Retenez juste que leur musique n'est qu'or, diamant et crystal saupoudrés de saphir. Enfin bref c'est beau, c'est pur et ça déchire.

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Green Circles - Brown House in Stepney (2003)

Groupe mod australien, les Green Circles nous ont offert l'une des chansons pop les plus sympathiques de la décennie : «Brown House in Stepney» ; un morceau qui pourrait avoir été composé par les Kinks avec son beat entraînant, ses descentes de basses, sa parfaite construction mélodique et ses paroles empreintes d'esprit contemplatif.

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How - I Was a Boy (2003)

Toujours dans la veine mod, les How nous ont offert l'un des disques les plus étonnants de ces dernières années. Ce n'est pas l'originalité du son qui surprend mais, au contraire, la similitude quasi-parfaite avec les Who période 1965-1966. Who / How, cocardes tricolores, flèches tendues : l'hommage est quasi-parfait.

Pour autant, les 3 morceaux enregistrés par les How interpellent par leur qualité : guitares à l'explosion contenue, saturations et distorsions maîtrisées, choeurs nonchalants : toute la magie de Pete Townsend semble avoir été ressuscitée.

Et au fait, qui sont les How ? Un groupe emmené, entre autres, par un ancien de Henry's Dress, combo dans lequel officiait également la chanteuse des Aislers set. Le monde est petit.

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David Viner - Nobody's Fault (2003)

Un peu de folk les amis avec, dans cette catégorie, ce qui s'est fait de mieux ces dix dernières années: Monsieur David Viner. Anglais jusqu'au bout des ongles, Viner part à Détroit et y sympathise avec toute la scène garage précitée (White Stripes en tête) dont il partage régulièrement l'affiche.

Mais ne nous y trompons pas : contrairement à ses potes de la Motor City, Viner ne touche pas à l'électricité. C'est un folkeux à l'ancienne, amateur d'arpèges [j'avais écrit «asperges» avant la relecture !], de paroles sombres et de chansons bien faites.

(site / acheter Mr. David Viner à la Fnac )


Fabienne Delsol - Laisse tomber les filles (2004)

Il semblait évident que le Limousin ne produirait jamais rien de rock'n'roll /
C'est pourtant sur cette terre que naquit Fabienne Delsol.

Je suis très fier de ma rime. Et fier de vous présenter Fabienne Delsol. Partie de son Limousin natale, elle part s'installer à Londres où elle chante, dans les années 1990, chez les Bristols, avant d'entamer une carrière solo. Son ambition est évidente : recréer le son des fameux girl-groups des années 1960, le tout avec un accent français qui affole toutes les oreilles anglaises.

Sur son premier album, notre amie reprend par ailleurs le classique de Gainsbourg et France Gall («Laisse tomber les filles»), chanson popularisée plus récemment par April March. Cela ne changera pas la grande histoire de la musique, mais il faut avouer que cette reprise est diablement efficace !


Detroit Cobras - My Baby Loves the Secret Agent (2004)

Encore un groupe représentant la clique de Détroit ! Et pas des moindres puisque, depuis les années 1990, les Détroit Cobras nous font sautiller avec des reprises d'obscurs morceaux soul joués avec une énergie sur-vitaminée.

Outre une instrumentation rhythm'n'blues efficace, la force du groupe tient à la voix de camionneuse de Rachel Nagy, un timbre qui n'est pas sans rappeler celui de Janis Joplin. Disons-le tout net : Rachel n'est pas la fille la plus distinguée qui soit : ancienne strip-teaseuse, elle a, d'après ses propos, rejoint le groupe un jour où elle était trop soûle pour refuser !

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Holly Golightly - My Love Is (2004)

Originaire du Medway (Angleterre), Holly Golightly est une ancienne élève de Billy Childish. Stakhanoviste du rock garage, ce dernier a enregistré plus d'une centaine d'albums depuis la fin des années 1970, à chaque fois avec trois accords, deux bouts de ficelle et beaucoup d'enthousiasme. Parmi ces multiples projets, il avait monté les Headcoatees, fantastique girl-group dans lequel officiait Holly Golightly.

Volant de ces propres ailes depuis 1995, Holly sort régulièrement des disques épatants (Truly She Is None Other frisant même la perfection) mélangeant rock 60s, frivolités girl-group, folk, soul et country.

Si le jazzy «My Love Is» n'est pas véritablement représentatif de sa discographie, il souligne le talent vocal d'une chanteuse malheureusement sous-estimée.

(article Infrasons / site / acheter Slowly but Surely chez Soundflat)


Long Blondes - Autonomy Boy (2004)

Pas l'un des meilleurs groupes de la décennie, loin s'en faut, les Long Blondes (qui ne comptent que des mecs et des brunes) étaient néanmoins capables de fulgurances dans leurs compositions et leurs enregistrements.

Second simple du groupe, «Autonomy Boy» ressemble plus à une démo de Blondie qu'à un tube en puissance. Cet aspect brouillon et saturé lui confère toutefois une intensité et une puissance décuplée.

(Article Infrasons / site / acheter Singles à la Fnac)


Nouvelle Vague - Teenage Kicks (2004)

Certainement l'un des projets les plus originaux et les plus réussis des années 2000, les Français de Nouvelle Vague ont eu pour idée de sélectionner des classiques punks et new-waves et de les ré-enregistrer à la mode bossa-nova.

Accompagnés d'une poignée de chanteuses talentueuses, ils ont notamment pu lancer la carrière de Camille. Ici, c'est Mélanie Pain qui reprend le monument «Teenage Kicks» des Undertones. Si elle n'égale pas l'originale (simplement l'une des plus grandes chansons de tous les temps), cette version apporte une fraîcheur bienvenue.

(site / acheter Nouvelle Vague sur Amazon)


Saturday Looks Good to Me - Lift Me up (2004)

Une intro directement volée au «Lust for Life» d'Iggy Pop et puis, bing, 2 minutes 50 de pop sautillante !

Groupe inintéressant lorsque son leader assure les parties vocales, Saturday Looks Good to Me devient imbattable dès lors que le micro est laissé à la chanteuse Betty Marie Barnes. Un groupe à rapprocher d'Aislers Set.

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Art Brut - Good Weekend (2005)

Tambour tambour tambour et dim-dim dim-dim-dim la guitare entre en scène ! J'adore cette intro de «Good Weekend» et j'adore cette chanson tout court !

Eddie Argos, le chanteur, renoue avec la tradition des grands paroliers anglais (Kinks, Television Personalities). Inspiré également par Jonathan Richman et sa capacité à écrire des chansons sur tout et n'importe quoi, il hurle (plus que chante) des textes amusants et décalés avec un enthousiasme communicatif. Dommage que les autres morceaux de l'album ne soient pas tous de ce niveau.

(site / acheter Bang Bang Rock & Roll chez Gibert-Joseph)

(lire la partie 3)
(lire la partie 4)


2 commentaires:

the a dit…

Tout ce que j'ai à faire est d'écouter "Y Control» et tout à coup ma journée reçoit beaucoup mieux. Je vous remercie!
(Via Google Translate)

Infrason a dit…

A ton service pour t'aider à mieux "recevoir" tes journées !