lundi 1 juin 2009

Les Beatles Noirs


C'est l'un des secrets les mieux gardés de l'Histoire du rock : après les douze coups de minuit et jusqu'au petit matin, les Beatles devenaient noirs. Et alors que la peau de Djhone, Paul, Geowges et Wingo se pigmentait, leurs voix muaient soudainement. Le visage méconnaissable, ils pouvaient se compromettre dans les clubs jamaïcains de Londres ou Liverpool. Montant sur scène devant une foule de dockers et d'immigrants, ils y reprenaient leur répertoire à la mode Soul et Motown.

Nul n'aurait percé ce secret si, un soir d'automne 1965, un technicien du Kingston Club n'avait enregistré cette bande. Je vous laisse écouter ce témoignage édifiant.

dimanche 5 avril 2009

Avec pas d'casque

Avec pas d'casque : nom étrange pour l'un des groupes les plus étonnants du moment. Originaire de Montréal, le trio récite un folk hypnotique, orné de chœurs nonchalants dignes des Beatles de Revolver ou Rubber soul.

Imaginez le Brian Jonestown massacre avec l'accent québécois. Voilà qui serait bizarre, stupéfiant même ; mais pas forcément impossible, nos trois décasqués y parvenant avec une facilité déconcertante.

Ce groupe m'offre par ailleurs l'occasion de revenir sur les relations litigieuses entre rock et langue française (sujet auquel j'avais déjà consacré un long article). Juste pour souligner que nos cousins québécois ont une approche bien moins complexée que la nôtre.

Dans cette joyeuse contrée, on ne débat pas pendant des heures pour savoir si le phrasé français est compatible avec les rythmes à quatre temps ou si plaquer la langue de Molière sur un mi-la-si ne revient pas à trahir Baudelaire ou Rimbaud. Non, on ne réfléchit pas : on prend sa guitare et on chante le plus simplement du monde dans sa langue maternelle. C'est plus simple, c'est rafraîchissant, et nous aurions de la graine à y prendre.

Je laisse évidemment la conclusion de cette chronique à notre bon vieux général qui, en écoutant Avec pas d'casque, n'aurait pu s'empêcher de s'écrier : vive le Québec ivre !
(site / acheter Dans la nature jusqu'au cou)
(site / acheter Trois chaudières de sang)

samedi 21 mars 2009

Le silence de la rue

CHAPITRE 1 : L'ÂGE D'OR

Il n'y a pas si longtemps, j'étais rennais. Véritable petit «paotr Roazon», je gambadais joyeusement dans la capitale des ducs de Bretagne en reprenant les Kinks avec ma cornemuse.

En ces temps bénis que les moins de deux ans ne peuvent connaître, une vénérable institution veillait sur cette charmante cité ; elle s'appelait «Rennes Musique», rue du Maréchal Joffre.

Ce magasin de disques, puisque c'en était un, avait tout pour plaire : un emplacement idéal au cœur de la ville, une tenue irréprochable et, surtout, un succulent stock de cédés ou vinyles. Bien que fréquenté par le tout-venant, il n'en satisfaisait pas moins les esprits les plus pointus. Il était en effet possible d'entrer avec son baladeur et de demander l'aide des vendeurs pour trouver le nom d'un morceau, même si c'était une chanson inconnue enregistrée, la veille, sur une obscure radio étudiante.

Telle une déesse nourricière et protectrice, le magasin semblait insuffler son mojo à l'ensemble de la ville et de ses habitants. Et ces derniers, insouciants, ignoraient alors la noirceur des nuages qui s'amoncelaient à l'horizon [grondement lugubre].


CHAPITRE 2 : L'EXIL

Anticipant les événements qui allaient s'abattre sur Rennes, je pris mon baluchon et mon billet de TGV vers Paris, me mettant immédiatement en quête d'un travail ou d'un modeste quignon de pain. Bien m'en prit car une funeste nouvelle me parvint rapidement : Rennes Musique avait fermé, vaincu par la Fnoc et par Virgin Mégabof.

Stupeur, consternation. Et dire que je considérais ce magasin comme le modèle du bon disquaire, celui qui recèle de pépites ultra-confidentielles sans pour autant sentir le vieux mégot ou la sueur de motard. Un magasin qui semblait ne jamais désemplir et que tous croyaient éternel [instant violons].


CHAPITRE 3 : LE SILENCE DE LA RUE

D'aucuns disent que Paris est une ville agressive où il ne fait pas bon vivre. Peut-être, mais Paris est également un repaire pour tous les résistants musicaux qui somnolent en nous. Et, dans ce grand dédale titanesque et delanoësque, il est encore possible de se perdre et de trouver, par hasard, un nouveau temple du funk appelé «Le silence de la rue».

Oui, le silence est dans la rue et le grouve est à l'intérieur de la boutique. Comment puis-je vous décrire le lieu ? Des disques géniaux, que cela, partout. Contrairement à Rennes Musique, le magasin ne propose même pas d'offre grand public ; si un ahuri cherche le dernier Muse ou le dernier Coldplay, une trappe s'ouvre ainsi immédiatement sous ses pieds pour le plonger dans un abîme sans fond. Cette information demande vérification mais le fait est que je n'ai jamais vu d'ahuri dans le magasin.

Ici, chaque marchandise a été sélectionnée avec le plus grand soin et avec le meilleur goût : garage, reggae, soul, ska, soixanteries diverses et variées, vinyles majoritaires, ... C'est bien simple : entre deux parties de flipper un sourd-muet-aveugle pourrait débarquer dans la boutique et sélectionner cinq disques au hasard, il serait sûr d'avoir fait un excellent choix.

Que dire d'autre sinon que le vendeur est sympa, qu'il se proposera de lui-même de déchirer le film protecteur des disques pour que vous les écoutiez, vous gratifiera d'un : «Excellent choix, voilà un album que je vous recommande très vivement», qu'il n'y a pas de codes-barres et qu'il note ses ventes, à l'ancienne, sur un calepin en papier.

Détail important, les disques sont très bon marché. En gros, 12 € pour un 33 tours neuf : c'est moins cher (j'ai vérifié) que le même achat sur Amazon. Comment font les gens du magasin pour proposer tous ces imports à des prix si compétitifs ? J'avoue ne pas savoir, mais j'imagine qu'ils vont cambrioler la nuit les stocks de Damaged Goods ou de Rough Trade. A moins qu'ils ne possèdent leur propre fabrique clandestine de disques. Je ne sais pas, mais je percerai un jour ce mystère.

Et que peut-on acheter au Silence de la rue ? Le premier simple des Real Kids par exemple, avec «All kindsa girls» et «Common at noon».

(acheter All kindsa girls / Common at noon à la Fn...
enfin non, je voulais dire au Silence de la rue)

En tout cas, il n'y aura plus d'excuses : tout lecteur d'Infrasons qui franchira les murailles de Paris devra désormais se recueillir dans ce nouveau temple du funk.

LE SILENCE DE LA RUE
39 rue Faidherbe
75011 Paris
Métros Charonne ou Faidherbe-Chaligny

mercredi 18 février 2009

Les Boss Martians / Les Mallrats

Lorsque on n'a plus le temps de tenir un blog à un rythme décent, il faut se recentrer sur les choses simples, sur des chansons directes et efficaces qui claquent comme des Biffs ! des Bangs ! et des Pows ! en faisant danser le marteau et l'enclume de nos oreilles.

Alors partons là où la vie est plus simple et là où on réfléchit peut-être un peu moins, j'ai nommé la côte ouest des États-Unis, pour y rencontrer les Boss Martians et les Mallrats.



Les Boss Martians

Les Boss Martians sont des musiciens de Seattle plutôt laids et médiocres qui, touchés par la grâce un soir de Pentecôte, ont enregistré «Oh, Angela». Power-pop tendue, nerveuse, et bien ajustée, cette Angela me plaît.

Boss Martians - Oh Angela (2003)
(site / acheter Oh, Angela sur Amazon)


Les Mallrats

Plus au sud et à peu près à la même période (2003), les Mallrats sortaient le bien nommé «Coming back to California» ; là encore un groupe et un morceau sortis de nulle part qui, Dieu sait comment, se retrouvèrent propulsés dans les 10 meilleurs téléchargements du site mp3.com, avant de disparaître aussi soudainement.

Qu'en reste-t-il ? Une chanson parfaite qui pourrait être le générique de Friends ou de Comment j'ai rencontré votre maman. Si cela ne vous donne pas envie de danser sur une Dodge Viper bleu clair en tapant dans vos mains sous le soleil de Santa Barbara, je ne peux plus rien pour vous.

Mallrats - Coming back to California (2003)
(acheter Fall in love over again chez Screamin apple)

dimanche 1 février 2009

Le Tour du Monde des Garages et des Ménestrels (6) : Éthiopie



Après le Japon, la Chine, l'Indonésie, l'Inde, la Turquie et le Yémen, le Tour du Monde des Garages et des Ménestrels poursuit sa route en Éthiopie, toujours sous la houlette de Nikki Mod, correspondant spécial Afrique / Moyen-Orient pour Infrasons.


Swinging Addis


C’est un épisode assez peu connu de la Seconde guerre mondiale : en 1942, les troupes fascistes qui occupaient l'Éthiopie furent boutées hors d’Afrique par les régiments coloniaux britanniques. Épisode sanglant d’un conflit bien plus vaste, mais épisode salvateur : sans ces quelques coups de baïonnette judicieusement placés, l’avenir des gens de goût n’eût pas tout à fait été le même.

On y perdit peut-être les bâtiments futuristes art-déco et le goût du capuccino au bord de la mer rouge. Mais voici ce que l’on y gagna : juste après la défaite italienne, les américains firent bâtir dans les plaines arides d'Érythrée, à Kagnew près d'Asmara, une base militaire. Pas tout à fait une base avec des chars et des avions, même si l'on devait bien y trouver des marines en chemisette kaki sirotant à midi du coca-cola sous le blanc soleil d’Afrique. Plutôt une base de transmissions dotée d’une grosse antenne radiophonique, qui diffusa bientôt, par delà les montagnes jadis réputées infranchissables d’Abyssinie, au cœur du mystérieux empire des Négus, les mélopées vicieuses d’Elvis Presley et de Fats Domino.

À Addis-Abeba où le transistor avait fait son apparition, le son venu d’Amérique pénétra profondément le cerveau de la génération urbaine de l’après guerre. Cette jeunesse était fortement imprégnée de valeurs nationalistes et parfois d’un conservatisme politique qui avaient sur le principe peu à envier au discours de leurs anciens envahisseurs. Mais ce trait particulier fut la garantie d’un mélange détonnant entre le nouveau son d’Outre-Atlantique – rythmiques à quatre temps impulsées par basse et batterie – et un héritage vernaculaire fait de chants lancinants en amharique et d’indescriptibles mélodies abyssines souvent agrémentées de cuivres.

Bien que les seuls groupes autorisés à se produire fussent ceux qui en avaient reçu agrément de l’Empereur, l’alchimie diabolique née de leur rivalité féroce rendit fous par milliers les sujets du Négus. Les années 1960, animées par des groupes rattachés à un Hôtel, à la Police ou à la Garde Impériale, furent prolifiques : ce temps béni qui n’était plus celui des colonies reçu le surnom de Swinging Addis.


Pourtant, sur les crêtes des monts du pays Amhara, une ombre se profilait déjà à l’horizon ; une ombre venue du Tigré voisin où les indépendantistes alliés aux Érythréens n’avaient cure des danses enfiévrées et des suaves nuits qui agitaient la Piazza d’Addis. Pour eux, il importait surtout d’avoir la peau du Négus, comme celle des lions qui gardaient jour et nuit son palais.

Politiciens, meneurs de troupes et empereurs ayant en ces contrées des mœurs pour le moins violentes, le renversement d’Hailé Sélassié par le sinistre Mengistu marqua, en 1974 l’aboutissement brutal d’une trajectoire musicale pourtant fort prometteuse. L’interdiction de toute expression musicale (autre que les bruits de bottes) par le nouveau régime mit fin à cette ère dorée. La place étant ici limitée, voici seulement deux des artistes les plus marquants des 60s éthiopiennes, tous disponibles dans l’affolante collection Éthiopiques. Les meilleurs d’entre vous iront découvrir le reste par eux-mêmes…


Alèmayèhu Eshèté

Des trente 45 tours distillés par Alèmayèhu Eshèté, pendant sa fulgurante carrière, il faudrait retenir bien plus que ce que nous pouvons présenter ici. Surnommé l’Elvis abyssin, recruté à 20 ans dans le très en vue Police Orchestra du colonel Dèmèqè, il fut l’une des icones des sixties abyssines.

Le caractère conservateur – travail, famille, patrie - des paroles de ses chansons ne fera pas oublier la puissance funkoïde de leurs rythmes démoniaques. Et pour cause : qui parle l’amharique parmi vous ?


Alèmayèhu Eshèté : Tchero Adari Nègn

(acheter Éthiopiques, vol.8 : Swingin Addis sur Amazon)
Alèmayèhu Eshèté : Mèkèyèrshin Salwaq

(acheter Éthiopiques, vol.9 : Alèmayèhu Eshèté sur Amazon)

Lemma Demissew

Lemma Demissew était pianiste pour plusieurs des groupes institutionnels évoqués plus haut. Epaulé par d’impeccables sections cuivre, il a produit certains des plus beaux morceaux de cette période, dont «Astawèslehu», qui sonne comme une reprise de la «Danse des canards» venue d’un autre monde, celui là assurément parfait.


Lemma Demissew : Adrashash Tèfabegn

Lemma Demissew : Astawèslehu

(acheter Éthiopiques, vol.8 : Swingin Addis sur Amazon)
Lemma Demissew : Adrashash Tèfabegn

Alèmayèhu Eshèté : Mèkèyèrshin Salwaq

lundi 26 janvier 2009

Quelques souvenirs de 2008

Avant-propos : ce message est publié une seconde fois suite à un vilain tour joué par Anastasie et ses grands ciseaux ; alias la censure.

Comme en 2007, Infrasons finit l'année en vous dévoilant la liste des morceaux qui l'ont enchanté ces douze derniers mois.


Évidemment, l'événement fait trembler tout le petit monde de l'industrie musicale, chaque compagnie espérant que ses poulains pourront recueillir un ou deux lauriers.


Car si une poignée d'élus, récompensés par Infrasons, verront leur carrière décoller jusqu'à des hauteurs incommensurables, les absents de la liste ne pourront qu'assister, impuissants, à la décrépitude de leur carrière et de leurs espoirs. Ces malheureux n'auront plus qu'à retourner à leurs chères études de solfège, ruminant les pourquoi et les comment de leur défaite.


Mais cessons donc de parler des perdants, Infrasons demeurant, rappelons-le le blog de la France qui gagne. Et cette France, une fois n'est pas coutume, a fait plutôt bonne figure cette année. Des Second Sex à Vanessa Contenay-Quinones, plusieurs pépites ont fleuri dans notre petit hexagone ... en attendant le prochain album des Dadds.


D'une façon générale, ce fut plutôt une belle année, sonoriquement parlant. D'ailleurs, il n'a pas été nécessaire d'aller trop loin pour dénicher des perles musicales car même les radios ont pu nous régaler avec les Kills, Estelle, Gabriela Cilmi, Ting Tings, MGMT, Portishead, Vampire Weekend et consorts.

En espérant une année 2009 aussi productive, je vous souhaite un joyeux noёl et une heureuse santé.


Erykah Badu - The healer
(site / acheter New Amerikah sur Amazon)
Le mélange asiatico-super funk de l'année.
Barth - Global hero
(site / acheter Cuchillo chez Gibert-Joseph)
Le voix haut-perchée et éthérée de l'année.
Black hollies - Under a winter's spell
(acheter Casting shadows chez Soundflat)
Le joyau psyché-pop de l'année, plein de feuze, de reverb', de phasage, et de tous ces effets sonores terribles.
Cocosuma - Oh ruby sun
(site / acheter We'll drive homme backwards chez Gibert-Joseph)
La merveille 2008 capable d'évoquer un duo entre les Kinks et les Supremes.
Vanessa Contenay-Quinones - Pourquoi pas
(site)
La chanson yéyé de l'année.
Bart Davenport - Jon Jon
(site / acheter Palaces sur Amazon)
La ballade pop de l'année.
Début septembre - Beg-meil
La meilleure chanson patronnée par l'Office pour la Promotion du Tourisme en Bretagne. Pebezh kanaouenn, paotred !
Del Shannon - Gemini [remix de Pilooski]
Le remix de l'année et, accessoirement, les meilleures percussions martelantes jamais entendues sous nos tropiques.
Estelle et Kayne West - American boy
(site / acheter Shine chez Gibert-Joseph)
Le morceau Rythme et Bleu de l'année.
Foxboro hot tubs - Mother Mary
(site / acheter Stop Drop and Roll !!! chez Gibert-Joseph)
La rémission de l'année ; celle qui a permis aux membres de Greenday, sous le nom des Foxboro Hot Tubs, d'expier leurs péchés, tel le brigand crucifié à la droite de Jésus. Comme quoi il n'est jamais trop tard.
Liz Green - Midnight blues
(acheter Midnight blues chez Humble soul)
La délicate perle folk-blues de l'année.
Housse de racket - Oh yeah
(acheter Forty love chez Gibert-Joseph)
La meilleure chanson de l'année pour jouer au tennis avec un polo Lacoste. Et, accessoirement, la façon la plus maline d'entrer dans les quotas francophones sans trop se fouler pour les paroles.
Kills - U.R.A fever
(site / acheter Midnight boom chez Gibert-Joseph)
La bande-son de l'année pour aller braquer une banque avec Tarantino.
Love is all - Wishing well
(site / extrait de A hundred things keep me up at night)
L'air totalement crétin mais absolument entraînant de cette année.
MGMT - Kids
(site / acheter Oracular spectacular chez Gibert-Joseph)
L'hymne dansant bizarroїde de l'année.
Jim Noir - Don't you worry
(site / acheter Jim Noir chez Gibert-Joseph)
Le morceau rétro-futuriste de l'année.
Poney express - Paris de loin
(acheter Daisy Street chez Gibert-Joseph)
La chanson de l'année pour partir en vacances à la campagne.
Portishead - Silence
(site / acheter Third à la Fnac)
La mélopée bossa-nova trip-hop de l'année.
Rifles - I could never lie
(site / acheter le 45 tours I could never lie chez Soundflat)
La petite power-pop de l'année faite pour être chantée, dans quelques pubs anglais, autour d'une bonne vieille guitare.
Second sex - J'ai couché avec le diable
(acheter Petite mort chez Gibert-Joseph)
Le titre garage qui, cette année, a aidé la France à recouvrer son rang dans le monde.
Ting tings - Shut up and let me go
(site / acheter We started nothing chez Gibert-Joseph)
Le rythme de l'année pour brûler les pistes de danse.
Vampire weekend - One (Blake's got a new face)
(site / acheter Vampire weekend chez Gibert-Joseph)
La chanson la plus décontractée de cette bonne année 2008.

dimanche 18 janvier 2009

J'ai aidé Patrick McGoohan à s'échapper

Bonjour chez vous.
Hommage aujourd'hui à Patrick McGoohan (alias Numéro 6), acteur et créateur de la série Le Prisonnier, disparu cette semaine. Rassurez-vous cependant : ce n'est pas la première fois que le Numéro 6 se fait passer pour mort pour prendre la poudre d'escampette et fuir le «Village».



« Où suis-je ?
-Au Village.
-Que voulez-vous ?
-Des renseignements.
-À quel camp appartenez-vous?
-Vous le saurez en temps voulu. Nous voulons des renseignements.
-Vous n'en aurez pas.
-De gré ou de force vous parlerez.
-Qui êtes-vous ?
-Le nouveau Numéro 2.
-Qui est le Numéro 1 ?
-Vois êtes le numéro 6.
-Je ne suis pas un numéro ... Je suis un homme libre.
-Mwahahahahihihoho !!! »


Teenage filmstars - I helped Patrick McGoohan escape
(site des Mod Pop Punk archives)
Jam - Away from the numbers
(acheter In the city à la Fnac)
Prisoners - Pretend
(acheter A taste of pink ! sur Amazon)


dimanche 11 janvier 2009

Les Halo Benders - Snowfall


Une chanson de saison aujourd'hui : «Snowfall» des Halo Benders, groupe indé des années 1990 dont je ne connais, à vrai dire, pas grand chose.

Pas grand chose sinon qu'ils dépeignent la chute des flocons avec la plus grande justesse et que, à les entendre, il me semble apercevoir une pluie de cristaux blancs flotter doucement sur la ville ; et que, à les entendre, je crois marcher dans une rue enneigée, le cou enfoncé dans le col, pressant le pas pour rejoindre ma chaumière. Une chanson de saison vous dis-je.


Halo Benders - Snowfall (1994)
(acheter God don't make no junk sur Amazon)

samedi 13 décembre 2008

Les Subsonics

Pascal D. ne sait plus combien il a de vinyles. La dernière fois qu'il avait entrepris de les compter, il y a deux ans, il en dénombrait 857. Mais compte tenu des dizaines de disques qu'il a achetés depuis, bien malin qui pourrait estimer sa collection aujourd'hui.

Sous les étuis en plastique qui, comme il se doit, protègent chacun des disques de Pascal D. se cachent un certain nombre de raretés. Par décence ou par goût du mystère, notre ami a pourtant toujours refusé d'avouer combien lui avait coûté sa première édition des enregistrements Sun d'Elvis en 1955 ; Pascal précise seulement que cet exemplaire est introuvable, même sur eBay.

Dans la mesure du possible, chaque disque figure en deux exemplaires dans sa collection : une version pour l'écoute et une version vierge que Pascal conserve sous cellophane, en se gardant bien de l'abîmer. Et s'il n'en possède qu'un seul exemplaire, il préfère ne pas l'écouter.

«Chez moi on n'écoute pas de cédés !» ai-je entendu plusieurs fois Pascal se fâcher devant des invités. Il faut dire que la platine Bang & Olufsen qui trône au milieu de son salon a fort bel allure. Elle constitue un écrin parfait pour toutes les pépites qui tapissent le mur de son appartement.

Tous les week-ends, Pascal nettoie ses disques en y vaporisant quelques gouttes d'eau distillée (l'eau du robinet laissant, selon lui, des dépôts calcaires épouvantables) et en les frottant délicatement avec une peau de chamois. Achetée toutes les deux semaines dans une petite boutique de la rue de Rome, celle-ci est destinée, initialement, au nettoyage des tubes de clarinette. Mais, pour Pascal D., il s'agit de la seule méthode décente pour entretenir les vinyles. Surtout, n'essayez jamais de lui parler de Sanotech, de Tergitol ou de tous ces produits chimiques : il en mourrait !

La collection de disques de Pascal D. fait rêver avec ses raretés Freakbeats de John's Children ou des Creation, avec son 45 tours pressé par les White Stripes à seulement 1000 exemplaires ou encore toutes ses raretés Soul ou spectoriennes.

Pourtant, il est un disque que Pascal D. n'a pas ; c'est Die Bobby Die des Subsonics. Et moi je l'ai ...

Subsonics - Don't answer the phone (2005)
Subsonics - Electricity (2005)
(site / acheter Die Boddy Die chez Soundflat)