mardi 26 février 2008

Smoke city

Si l'on analyse l'histoire de la musique, un constat s'impose : aucun courant novateur n'est apparu depuis les années 1990. C'est-à-dire depuis l'émergence du Trip Hop.
Ce que j'entends par genre nouveau ou novateur, c'est un style qui semble sortir de nulle part, qui vous tombe dessus d'un coup et qui vous fait dire, le souffle coupé : «Un pan entier de l'univers musial vient d'être déterré, là, sous mes yeux». C'est une révélation en quelque sorte.

Le Trip Hop est une chose dont on ne saurait se ficher. Même s'il provient de Bristol.
Il faut dire qu'il a englobé tout un tas de groupes formidables, de Portishead à Massive attack, toujours avec ce son aérien et abyssal en même temps. Quelque chose qui vous ferait planer dans un aquarium (même si, en fait, c'est impossible).
Aquarium, Trip Hop : tout ça me donne envie d'écouter «Underwater love» de Smoke city ; un morceau mâtiné de rythmes et de chants brésiliens. La langue d'Ayrton Senna étant, d'ailleurs, la plus belle du monde pour aller chanter.

Smoke city - Underwater love
(acheter Flying away sur Amazon)

lundi 18 février 2008

La minute yéyé (5) : Henri Salvador

Lorsque Carlos est mort, on était tous un peu triste. Pourquoi ? Parce qu'il y avait quelque chose de sympathique dans le personnage ; c'était le tonton rigolo que l'on aurait aimé avoir : celui qui amuse ses neveux/nièces, les chatouille jusqu'à l'hystérie, puis anime le repas familial de ses mille-et-une dernières blagues.
Ç'aurait aussi pu être le collègue boute-en-train : celui dont la bonne humeur égaye le service comptabilité (et même parfois celui des affaires juridiques, à l'étage du dessous), le gars qui fait rire les secrétaires et pour qui on ne raterait sous aucun prétexte la pause café ; même les jours où on n'a pas envie de café.
Henri Salvador, c'était un peu pareil. Sauf qu' en plus, le garçon savait écrire des chansons magnifiques ; et les interpréter merveilleusement.
Dieu ait son âme.

Henri Salvador - Carnaby street
(acheter la compilation Pop à Paris, vol.1 sur Amazon)
Henri Salvador - C'est pas la joie
(acheter L'essentiel 2003 à la Fnac)

lundi 11 février 2008

Le Tour du monde des garages (3) : Indonésie / Inde



Parti du Japon, le Tour du monde des garages avait fait escale en Chine, à Hong Kong. La prochaine destination semblait évidente : l'Inde, pays dont les musiciens et gourous ont profondément influencé le rock des années 1960.
Restait la délicate question du transport : les routes terrestres à travers le Tibet étant trop périlleuses, nous optâmes finalement pour la voie maritime ; d'autant qu'un cargo acceptait de nous transporter à Madras, avec sa cargaison de matériel informatique.

Le début du voyage fut sans histoire. Mais à mesure que nous approchions du détroit de Malacca, le capitaine laissait transparaître sa nervosité, scrutant sans cesse son radar. Nous nous enquîmes évidemment des nouvelles :
«Le Bureau Maritime International vient de signaler une série d'actes de piraterie, répondit-il. Mais le plus inquiétant, c'est qu'un autre navire de la compagnie, le "Níng Jìng", a disparu hier, sans laisser de traces. Il va falloir ouvrir l'oeil.»

Ce ne fut donc pas sans une certaine angoisse que nous nous couchâmes ce soir là. Et c'est même terrorisés que nous fûmes réveillés, en pleine nuit:
«Alerte ! Un navire non identifié s'approche de nous ! Il ne répond à aucun message radio et n'est pas signalé par les autorités ! »
Apeurée, une bonne partie de l'équipage s'était réunie sur le pont, munie d'armes de fortune. Scrutant la pénombre, nous pouvions apercevoir une inquiéante silhouette s'approcher ; de plus en plus.
«C'est un caboteur indonésien, analysa le capitaine, .... Mais ce qui est étrange, c'est que son moteur n'a pas l'air en marche. Il se laisse porter par le courant. »
Aussitôt, la rumeur se répandit parmi les hommes : le bateau était vide : c'était un vaisseau fantôme !

Sans perdre son sang-froid, le capitaine fit mettre une barque à l'eau. Cinq hommes partirent inspecter le caboteur et, lorsqu' ils reparurent, le mystère était éclairci:
«Il s'agit de l'embarcation avec laquelle les pirates ont arraisonné le "Níng Jìng". Ils l'ont abandonnée après s'être emparés du cargo et de sa marchandise.
-On a trouvé quelques objets à l'intérieur, ajouta un autre marin. Des choses sans valeur qu'ils ont dû laisser avant de partir. Peut-être feront-ils office d'indices pour les autorités.
-Mouais, commenta le capitaine. J'en doute fort. Gardez ces objets si ça vous chante.»

Dans le tas se trouvait un disque. L'équipage nous le laissant de bon coeur, nous pûmes mettre à profit notre bon vieux tourne-disque. C'était un girl-group indonésien : Pattie Bersaudara, ma foi fort plaisant. Surtout cette chanson («Pura pura», c'est-à-dire «Prétendant») qui, sans révolutionner le genre, portait haut les couleurs de l'Indonésie (chanson et pochette trouvée sur le site Garage hangover).

Pattie Bersaudara - Pura pura


Enfin débarqués à Madras, nous pûmes nous mettre en quête de musique indienne. Et là, point d'hésitation : nous nous précipitâmes sur les disques d'Ananda Shankar.

Dans les années 1970, cet homme était parvenu à réalisé la fusion la plus grouve qui soit entre psychédélisme, funk et musique traditionnelle indienne. Voilà en tout cas un Shankar qui nous ravit.


Ananda Shankar - Jumpin' Jack flash
(acheter Ananda Shankar à la Fnac)
Ananda Shankar - Dancing drums
Ananda Shankar - Streets of Calcutta
(acheter A life in music sur Amazon)

jeudi 7 février 2008

Avis à la populace

Oyez braves gens : voici quelques informations en vrac.

●Je laisse encore une semaine avant d'effacer les liens musicaux datant de novembre (à l'exception de ceux mis en ligne par les artistes ou ceux qui ne font pas l'objet d'une commercialisation).
●La liste des liens (en bas à droite) vient d'être mise à jour. Les vieux dinosaures qui n'ont pas publié de messages depuis six mois ont été supprimés afin de laisser place à des jeunes loups dynamiques et plein de fougue. Parallèlement, merci aux sites qui ont déjà mis Infrasons en lien.
●Vous aurez certainement remarqué la nouvelle bannière du site. Elle traduit notre volonté d'expansion ainsi que notre capacité à nous remettre en question pour affronter de défis de demain. En nous inscrivant dans une nouvelle dynamique, elle permet de conforter notre position et notre visibilité dans le domaine des nouvelles technologies. Elle traduit enfin le développement d'une véritable synergie avec l'ensemble de nos partenaires.
●De manière générale, c'est avec plaisir que je vois le nombre de visiteurs augmenter ; chaque semaine un peu plus. Merci surtout à tous ceux qui réagissent à mes messages en laissant des commentaires. Si je n'en avais eu aucun, il y a belle lurette que j'aurais arrêté.
●Infrasons est le seul blog à mettre des accents sur les À, Â, É, È, Ê, Ô et des cédilles sur les Ç majuscules. Le seul blog également à défendre encore les fiers chevrons français (« … ») face aux insipides guillemets anglo-saxons ("..."). Cela méritait d'être dit.

lundi 4 février 2008

Mallory Hays

Mallory Hays offre différents ingrédients qui, d'habitude, ont tendance à me faire fuir : chanson française à textes, paroles susurrées à la poésie absconse ; pour ne pas dire incompréhensible.

Et pourtant, oui pourtant et encore pourtant, j'aime énormément les enregistrements de la demoiselle. Simplement peut-être grâce à sa voix, foncièrement belle et suffisamment agile pour éviter l'écueil sur lequel, immanquablement, notre chanson française vient échouer ; je parle de cet éternel timbre monocorde qui aplanit chaque once de mélodie, supprime toutes notions de gammes chromatiques, d'excitation, d'anfractuosités lyriques ou de surprise.
Point de cela ici : le chant de Mallory, quoique discret, sert à merveille des mélodies élégantes, accompagné d'une guitare solitaire, timide mais sincère.

Si toute la scène française ressemblait à Mallory Hays, le monde serait à nouveau à nos pieds. Et ce serait chouette.

lundi 28 janvier 2008

Jilted John


1978 : la chanson «Jilted John» (du groupe éponyme) atteignait la 4e place des ventes de disques britanniques. À l'instar du «Ça plane pour moi» de Plastic Bertrand, un morceau conçu comme une parodie de la vague Punk était parvenu à devenir, par ironie du sort, un classique du mouvement.
Jilted John («John le largué»), c'était le nom du personnage incarné par le chanteur du groupe (Graham Fellows) : un garçon pas très fute-fute qui, avec son accent de teigne anglaise, nous contait ses malheurs ; une véritable tragicomédie en fait, comme vous allez pouvoir en juger :

Julie, la copine de John, lui annonce un soir et sans ménagement qu'elle le quitte pour Gordon. «Gordon ?!? Ce gros débile ?!?» s'écrie John inteloqué. Ce à quoi Julie répond, entre deux sanglots : «Ce n'est pas un gros débile...Lui au moins c'est un vrai mec».
Franchement retourné, John pleure tout le chemin jusqu'à la friterie. Et, lorsqu'il en sort, qui croise-t-il ? Je vous le donne en mille : c'est Gordon avec Julie ! Et tous deux se moquent de lui.
Voilà trop d'injustice pour le pauvre John : «Comment a-t-elle pu me quitter pour ce mec ? Juste parce qu'il est plus beau que moi ! Juste parce qu'il est cool et branché ! Mais moi je le sais : Gordon est un abruti ! Gordon est un abruti ! Gordon est un abruti ! Et elle c'est une grognasse, et lui un sale type, et elle une traînée, et lui un minable, et elle une chienne ! Et lui se prend pour un dur, mais c'est un gros débile ! Et c'est pas juste ! C'est pas juste !»
Sa colère éclate de plus belle : «Je suis vénère ! je suis vénère ! Je devrais lui éclater la tronche ! ... ah mais c'est vrai qu'il est plus grand que moi ... Oh, mais je sais ! Je vais demander à Barry de le faire : il va l'exploser ! ... ah oui, mais c'est vrai que Barry est pote avec Gordon... Oh ouais et puis je m'en fiche : parce que c'est qu'une grognasse, et lui un pauvre type, et elle une traînée, et lui ... »

(lien vers le site des Mod Pop Punk Archives / acheter True love stories sur Amazon)

Je vous recommande aussi de visionner le passage de Jilted John dans l'émission Top of the Pops. La prestation est hilarante et totalement loufoque ; particulièrement la chorégraphie du bonhomme sur la droite.



lundi 21 janvier 2008

ESG

Message important : il faut absolument écouter ESG, cinq soeurs du Bronx à qui, un jour, la brave maman avait acheté des instruments. Comme ça, pensait-elle, elles auront à s'occuper plutôt qu'à faire des bêtises. Ce fut le meilleur choix du monde : les soeurs Scroggins furent loin de faire des bêtises. Au contraire, même.

Ce qui étonne toujours avec ESG, c'est la simplicité : juste une basse et une batterie, le tout parsemé d'onomatopées vocales. Et pourtant, en y regardant de près, ce rythme répétitif est d'une inventivité incroyable, avec des enchaînements de percussions complètement fous. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien s'ils sont constamment samplés et re-samplés par des remixeurs ou rappeurs de tous poils.

En tout cas, avec cette ligne claire et épurée, ESG parvient à créer une musique des plus entraînantes, excitantes. Un grouve inégalé.


ESG - My love for you
ESG - Come away
(acheter Come away with ESG à la Fnac)

lundi 14 janvier 2008

Ike Cosse

Je suis sûr que la moitié des gens qui me lisent ne possèdent pas un seul disque de Blues. Non, non : ne niez pas, je vois tout et je sais tout.
Pour être plus exact, cette moitié considère le Blues comme une musique respectable et sympathique ; quelque chose qui ne dérange pas, en somme. Mais de là à en écouter spontanément et à acheter des albums, il ne faut pas exagérer. Car au fond, pensent-ils, c'est un peu toujours la même chose cette histoire : un vieux noir qui marmonne son spleen dans une guitare étouffée, trois accords répétitifs, le tout avec une qualité acoustique digne de Radio Londres.
Pour d'autres, le Blues c'est aussi des cinquantenaires blancs et barbichus, la voix rébarbative (style Éric Clapton), le genre qui se la joue prof de guitare virtuose avec des cascades de solos froids et techniques.
À tous ceux qui pensent ça : s'il vous plaît, écoutez Ike Cosse. Et si vous ne devez acheter qu'un album de Blues, foncez sur son Cold blooded world, merveille entre les merveilles. Sorti en 2000, le disque est une sorte de concentré de mélodies fantastiques, à la limite du folk. Chaque chanson est superbe et, croyez-moi, il fut très difficile d'en sélectionner deux. La guitare est sobre, laissant le premier rôle à la voix grave mais douce d'Ike, quand, soudain, juste au moment opportun, l'harmonica surgit pour donner de l'emphase à la mélodie. Rien de plus classique en fait. Mais écoutez donc.

Ike Cosse - Cold hearted world
Ike Cosse - The truth
(acheter Cold blooded world chez Amazon)

lundi 7 janvier 2008

Nicolas Ungemuth

J'aime beaucoup le Figaro Magazine. Une fois les 30 premières pages sautées (les pénibles articles "Actualité"), tout est grandiose. Là, le compte-rendu d'une vente aux enchères (un secrétaire Louis XV au placage d'amarante recouvert de maroquin vert) ; ici, une prose enflammée nous vante des destinations touristiques lointaines : Saigon, Cuba, les côtes d'Istrie ; ici encore, les arômes des meilleurs pomerols et saint-émilions sont disséqués avec une science et un goût certains. Les pages culturelles sont un ravissement, surtout lorsque l'archiduc de Syldavie y présente, en exclusivité, les plus belles pièces de sa collection de maîtres vénitiens.

Et puis, dans chaque numéro, il y a un reportage édifiant. Un journaliste fou, parti séjourner on ne sait trop pourquoi dans les steppes de Mongolie, les passes afghanes ou les cols caucasiens nous livre une peinture magnifique mais réaliste des peuples ou des guerres oubliés. Qu'ils abordent la piraterie sur les côtes somalies, la construction des oléoducs kazakhs ou le portrait de Ramzan Kadyrov (le président tchétchène qui ressemble à un méchant de série B : il aime jouer à la boxe, essayer des Kalachnikov et faire le fou avec son tigre apprivoisé), les sujets sont toujours passionnants.

Dans les Figaro Magazine, tout est plus grand, plus beau, plus cher qu'ailleurs. Ne serait-ce que les photos, prises par les seigneurs de la pellicule, souvent publiées en pleine page (29 x 22 cm, s'il vous plaît) avec les encres les plus chatoyantes de la presse magazine.
Car le Figaro ne s'adresse pas à n'importe qui ; et surtout pas aux professeurs crasseux ou autres intellectuels partageux. Non, le Figaro Magazine est la gazette de l'élite, celle qui s'intéresse au rendement des obligations convertibles et des contrats en euros diversifiés ; celle qui orne ses salons des oeuvres de Paul Ranson et Albert Chazalviel ; celle qui met ses enfants dans le privé et au solfège ; celle enfin qui roule en berline allemande et fait de la voile à la Trinité. Voilà ce qui fait son charme.

Tout cela pour dire que, dans le Figaro Magazine, il y a aussi et surtout la petite chronique musicale de Nicolas Ungemuth, le plus méchant et le plus grand des journalistes rock. Première chose à dire, la prononciation de son nom a donné naissance à plusieurs écoles : l'anglaise ("eûngémeusse"), la française ("ongeumute") ; mais je demeure adepte de la version allemande ("ounnguémoute"), plus en adéquation avec le caractère du personnage.

Même si je ne partage pas toujours son point de vue, force est de reconnaître que cet homme a bon fond : amour pour la pop 60s, le Freakbeat, la Soul profonde ou le Blues du Delta. Bref, s'il est un chroniqueur en France à qui se fier : c'est lui. Et si le Figaro ne lui offre qu'une maigre colonne pour distribuer les bons et les mauvais points, la vraie mesure de son art se déploie dans Rock'n'Folk où il assure, entre autres, la chronique des rééditions.

Ungemuth, c'est un style à part. Ardent défenseur de l'adage "qui n'aime pas, châtie bien", le bonhomme n'a pas son pareil pour incendier, humilier les artistes et ceux qui les écoutent : "débiles congénitaux", "crétins", "abrutis", ... il n'existe pas de demi-mesure ; le tout servi avec un humour mordant, voire tordant. Bref, un intégrisme rafraîchissant contre les atteintes au bon goût et aux bonnes moeurs.

Le plus haut fait d'arme d'Ungemuth reste un dossier paru il y a quelques années dans Rock'n'Folk : "Les 40 pires groupes de rock de tous les temps". Là où un journaliste normalement constitué se serait contenté de réciter des groupes universellement haïs (genre Lorie dans sa période rock), Nicolas fut bien plus subtil : sa liste fut essentiellement composée de groupes aimés, admirés, ceux qu'écoutent votre voisin, vos amis et une grande partie des gens qui prétendent aimer le rock'n'roll.

Entre autres, nous avions donc Pink Floyd, Deep Purple, U2, Van Halen, Pearl Jam, Police, Dire Straits, Garbage (vous trouverez la liste complète sur ce forum). Autant de groupes que les esthètes haïssent en silence, presque honteux de ne pas participer au culte consensuel. Chaque nominé eut droit à une descente en règle, à chaque fois hilarante (Freddy Mercury étant, de mémoire, surnommé "la Castafiore moustachue").

Au numéro suivant, ce fut une nuée de courriers indignés dans la boîte aux lettres du magazine : "De quel droit ce môôssieur Ungemuth se permet de critiquer un groupe unanimement respecté par la presse et par mon entourage ?!?" Sauf que voilà : avec Ungemuth, quand un groupe a été mauvais il y plus de 20 ans, il n'y a pas prescription pour autant. Ce fameux article laissa également des séquelles les forums du Net ; partout, des fatwas furent publiées, réclamant la mise à mort du blasphémateur. Quoi qu'il en soit, d'autres ont beaucoup rigolé (et votre serviteur en fait partie).

Si la plume et le style Ungemuth nous sont familiers, qui sait à quoi peut ressembler le personnage? Pour ma part, je suis intimement persuadé qu'il possède les traits des bonshommes ci-dessous : ceux d'un dandy cruel, carnassier et raffiné.


Pour finir, j'aimerais évoquer un autre méfait du baron von Ungemuth. Dans chaque numéro de Rock'n'Folk, un journaliste décerne, à tour de rôle, le titre d'"Album du mois". La plupart, frileux, se contentent de sélectionner LE gros disque qui vient de sortir (Radiohead, Babyshambles, Arctic Monkeys) en se disant, bêtement, que si l'album se vend bien mais qu'ils ne l'ont pas encensé, ils passeront pour des buses. Ungemuth, lui, s'en fiche. Quand son tour arrive, il choisit les Embrooks, un groupe inconnu qui n'a jamais intéressé personne ; un groupe composé de gens trop laids pour faire la couverture des magazines (lire l'excellent article ici, au numéro 447). Mais vache de chez vache : qu'est-ce qu'ils tuent ces Embrooks.


Embrooks - Back in my mind
(site / acheter Yellow glass perspections chez Soundflat)

lundi 24 décembre 2007

Quelques souvenirs de 2007

C'est une tradition chez la plupart des blogs musicaux : le dernier message de l'année sert à récapituler ce qui s'est fait de mieux au cours des 12 derniers mois. Si cet exercice prend généralement la forme d'un classement de disques, je préfère m'en tenir à une simple liste de morceaux car, je ne le répéterai jamais assez, je suis amateur de chansons, rarement d'albums.
Deuxième chose, je ne prétends surtout pas donner une image définitive de ce qui s'est fait en 2007 : les découvertes musicales se faisant généralement une ou deux années à rebours (à moins de travailler dans l'univers musical, d'être un téléchargeur fou ou de lire plein de magazines spécialisés, il est difficile de se tenir au courant de ce qui sort et existe). Il faut donc considérer la liste qui suit comme un simple échantillon ; juste quelques chansons sur lesquelles j'ai eu la chance de tomber et qui m'ont bien plu.

Avec cette sélection, je souhaiterais néanmoins insister sur une chose : nous vivons une époque formidable. On peut toujours regretter de ne pas être en 1967 ou en 1977 mais, très honnêtement, rarement le rock'n'roll n'a été de si bonne qualité et aussi facilement accessible. En 2007, les Coral ont composé des chansons parmi les plus belles jamais écrites tandis que la fantastique Amy Winehouse pouvaient être entendue partout, même sur les radios les plus affreuses. Ceux qui ont allumé leur télé ont sûrement remarqué l'omniprésence du rock'n'roll dans les pubs télé ; c'est quelque chose qui, je pense, n'a pas de précédent. Et la distribution s'est mise au diapason : alors qu'il fallait fouiller tout Paris il y a quelques années pour dénicher un disque écoutable, tout est devenu plus facile ; que ce soit en ligne ou en boutique, la bonne musique n'a jamais été autant accessible.

N'ayons pas peur de le dire : le rock'n'roll est à la mode et la soul retrouve peu à peu ses lettres de noblesse. Évidemment, tout n'est question que de cycle. Si nous surfons en haut de cette vague grouve, la tendance va s'estomper. Dans 5 ans, tout sera fini. Les media ne jureront que par les nouvelles sonorités branchées : Jazztonik, Elecktrofolk, R'n'Z et plein d'autres noms ridicules. Alors profitons de la chance que nous avons aujourd'hui : faites des réserves de disque avant que la disette ne sévisse, précipitez-vous à tous les concerts avant qu'il ne soit trop tard et continuez à lire Infrasons.

●Nicole Atkins - War torn
Le morceau théâtral et emphatique de l'année
(site / Myspace / acheter Neptune city sur Amazon)

●Kevin Ayers - Cold shoulder
La perle pop délicate et touchante de l'année
(site / Myspace / acheter The unfairground sur Amazon)

●Billy Childish & the Musicians of the British Empire - Joe Strummer' s grave
Le brûlot teigneux de l'année (voir la chronique précédente sur Infrasons)
(site / acheter Punk rock at the british legion hall chez Damaged goods)


●Coral - Jacqueline
La plus belle chanson de l'année
(site / Myspace / acheter Roots and echoes à la Fnac)

●Dadds - Je vais te manquer
La version française de l'année (voir chronique précédente sur Infrasons)
(Myspace / acheter Franch kiss à la Fnac)

●Graham Day - Get off my track
L'intro rentre-dedans de l'année (voir chronique précédente sur Infrasons)
(Myspace / acheter Soundtrack to the daily grind chez Damaged goods)

●Girls aloud - Fling
L'hymne dansant de l'année
(site / acheter Tangled up chez Amazon)

●Gossip - Listen up!
La chanteuse la plus forte de l'année, dans tous les sens du terme
(Myspace / acheter Standing in the way of control chez Amazon)

●Go! Team - Doing it right
Le morceau funk de l'année
(site / Myspace / acheter Proof of youth à la Fnac)

●Micky Green - Oh
La chanson la plus appaisante de l'année
(Myspace / acheter White T-shirt à la Fnac)

●Justice - D.A.N.C.E
Le rythme disco de l'année
(Myspace / acheter Justice à la Fnac)

La sucrerie girl-groups de l'année
(Myspace / acheter Stalking stills chez Fraction discs)

●Little man tate - Sexy in latin
La chanson imparable de l'année
(site / Myspace / acheter About what you know sur Amazon)

●Lucy & the Popsonics - Eu quero ser seu Tamagochi
Le meilleur morceau sur les Tamagotchis de l'année
(Myspace / acheter Fabula (ou a farsa) de dois eletropandas chez CDuniverse)

La meilleure chanson vue sur scène de l'année

●Michelles - Springtime
Le titre joyeux de l'année
(site / Myspace / acheter Springtime à la Fnac)

La chanson anglaise de l'année

●Yael Naim - New soul
La chanson de l'année pour aller courir dans les champs
(Myspace / acheter Yael Naim chez Tôt ou tard)

●Candie Payne - I wish i could have loved you more
La chanteuse la plus charmante de l'année (voir chronique précédente sur Infrasons)
(site / Myspace / acheter I wish i could have loved you more à la Fnac)

●Amy Winehouse & Mark Ronson - Valerie
La tuerie soul de l'année (voir chronique précédente sur Infrasons)
(site / acheter Version à la Fnac)

Joyeux noël et que Jésus soit avec vous!